47 – lever les pieds

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légèrement ivre
plus facilement les larmes
portées par le sang
se véhiculent dans l’âme
moi je regarde
un type qui balaie
je pense à son clown
je décompose lui gosse
et ce qui m’arrive
d’être sur le banc
dans la rue
commence à tourner
centrifuge les éléments de mon existence
cette bouillie de souvenirs et d’illusions
se déborde salement au médian
du nombril
me plie
ce n’est pas comme pleurer
mais des images d’aïeux et d’aïeules
pleuvent
accablantes
et je retombe
amoureux
du balayeur
au mégot
qui me dit de lever les pieds
je pense en équilibre
que cette fois je vais pleurer

Au large
au loin
au long
à l’aise
à l’heure
à l’eau
en terre
en tas
en trou
au large ici
au loin devant
toi
au présent

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26 – à sa place

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les enfants ont une grande boite de crayons
chaque crayon a sa place
ils fichent tout en l’air
ils ramasseront pas

les enfants s’imaginent
en me voyant sur ma chaise
que chaque chose a sa place

ils jouent autour
comme si la matière
ne s’écoulait pas
mortellement

 

17 – vin

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boire du vin c’est bon pour la santé
qu’on en finisse avec ça
le vin donne de l’énergie point à la ligne
j’ai commencé à boire à huit ans
dans un pot de beaujolais
depuis je cours
je peux plus m’arrêter
je ne peux plus m’arrêter d’accélérer
le vin est infesté de fourmis rouges
dont l’aiguillon est gonflé de sang
dont l’aiguillon est gonflé de sangliers
elles me le flanquent sous la peau
au milieu d’un spezzatino de bœuf
et les sangliers se mettent à courir d’un seul coup
ils courent à l’intérieur
à travers les buissons
à la poursuite du bœuf
ça fait un bruit de bombardier sous la peau
je me réveille la nuit en hurlant
de terreur et de joie
puis je traverse le miroir de la salle de bain
et me retrouve au milieu des rails du métro bouillant d’Athènes
ceint d’une gourde de peau de chèvre suintant le nectar
c’est simultanément
la misère et la gloire
le réveil et la nuit
dans le soleil tout rouge