Accidents

 

[ici plantés les clous trouvés sur la route]

 

 

28/11/2017 – survécu à la vie

Vivre l’intéressa quand même beaucoup moins que de balancer des grosses sentences sur la vie.

25/11/2017 – survécu au VIème siècle

« Je remarque qu’aucun homme, disons par exemple du 6ème siècle : aucun homme du 6ème siècle n’a survécu jusqu’à aujourd’hui. Pas un. Pas une exception, dans le nombre. Je suis un peu ennuyé. Qu’on aurait peut-être pas le choix ? »
(Sartre, Ma petite enquête sur la life »)

22/11/2017 – survécu à sa muse

Poète plouc
Cherche buzz
Sur facebook
Mais sa muse
Caoutchouc
Carbonisé
Lui pète au nez !

15/11/2017 – survécu à  tout le reste

« Exister me rend pas mal content mais je risque de tempérer un chouia mon enthousiasme pour tout le reste. »
(La Bruyère, Mon p’tit carafon)

15/11/2017 – survécu à la confiance en soi

« La confiance en soi n’est qu’une des formes de l’ignorance : une ignorance devenue désirable. »

(La Rochefoucauld, 100 maximes pour s’en battre les couilles)

26/10/2017 – survécu à ma tête

J’aimerais bien qu’un écrivain me décrive un jour pour savoir la tête que j’ai. Je sais qu’elle est bizarre mais bizarre comment ? Je doute qu’elle soit intéressante. C’est juste pour moi : avant de partir savoir un peu la tête que j’aurai eue.
En attendant sans tête
Ça roule quand même.

16/10/2017 – survécu avec la bêtise

La bêtise n’était pas pour lui un sujet d’écriture. Il ne la regardait pas de haut ni de loin : il composait avec elle car elle le composait, elle composait à l’evidence l’un des aspects les plus hallucinants et fondateurs de son expérience humaine. Il en avait rencontré d’immenses figures : en elles, la bêtise ne s’était pas présentée comme telle avec son mode d’emploi ironique et lucide : il l’avait intégrée spontanément, digéree comme un morceau de pain. Il lui arrivait parfois de la reconnaitre fugacement à l’horizon, mais c’est toujours et d’abord en lui, en ce qu’elle avait produit de lui-même qu’il l’éprouvait. Il ne savait jamais exactement où la situer. L’écriture n’était pas un moyen de la contrôler mais au contraire de l’exprimer sauvagement, mêlée comme une boue aux autres matières de l’esprit. D’autres parlaient de leur « talent », c’était pour lui le nom de sa bêtise, sa bêtise propre et singulière, son terreau, sa pauvre richesse.

01/10/2017  – survécu à la chute du sapin

« Tandis qu’il commençait à gîter lentement, l’idée de sa chute traversa un silence durant lequel le Roi et toute la Cour reçurent ce mystère : au long des décennies où il s’étirait vers la ciel, que s’est-il passé DANS le bois de cet arbre ? »
(La Bruyère, Les Conifères)

23/09/2017 – survécu à mes démons

Allez, je crois qu’il est temps de faire la paix avec mes démons : cesser cette inhumaine exigence et traiter avec une bienveillante considération le maigre tas de merde froide de toutes mes pauvres stériles tentatives écrites. Admettre et aimer et vivre enfin à fond l’insipide reliquat de ce fond de cervelle de tanche inculte. Hauts les cœurs mon pote ! Voie de la joie et de la sérénité !

22/09/2017 – survécu à la Caverne

« Heureusement l’apparence s’est un peu professionnalisée. »
(Platon)

11/09/2017 – survécu à l’écriture d’un chef d’oeuvre

Le problème est toujours le même quand on poursuit l’écriture d’un immense chef d’œuvre : comment pas trop le dégueulasser ?

09/09/2017 – survécu à la boulangère

« Je lui avais adressé un sourire, mais elle l’avait carré si loin dans les tréfonds de la vésicule de l’univers que je mis un an à le retrouver. »
(Karl Marx, Ma boulangère)

04/09/2017 – survécu (grâce) à Proust

Il y a dix ans je vécus une longue période de chômage et de lose. C’était dans une grande ville de France. Je décidai d’entamer la lecture d’À la recherche du temps perdu, avec l’objectif très sérieux de ne pas perdre mon temps…C’est étrange : je n’ai conservé pratiquement aucun souvenir cette œuvre : en particulier, la plupart des personnages me font défaut, de même que leurs relations, jusqu’à leur nom souvent m’échappe. En revanche j’ai un souvenir d’une netteté exceptionnelle des heures de lecture elles-mêmes, de l’état nimbé de lumière d’un esprit transparent, puissant, blessé par sa propre lucidité ; le contenu de la recherche m’a échappé cependant que sa substance intime, incorporée à mon temps et à ma recherche, infusait tout mon être. Je ne pourrais plus prétendre avoir lu la recherche du temps perdu ainsi qu’un snobisme très moribond l’impose : je ne peux faire semblant de l’avoir lu puisque je ne m’en souviens pas : je me souviens du temps de vie, du temps de corps humain consacré à cette lumière essentielle. C’était dans les années 2000 dans une grande ville d’Europe ; j’en suis très ému. Et je tourne encore dans l’orbite de cette lecture, hypnotisé par le mystère cyclique de cette ascèse de lecteur misérable dont les heures pourtant vivent, meurent et vivent encore. Sans fin, au fil d’intrigues oubliées.

29/08/2017 – survécu à la guerre et à la paix

Ai terminé Guerre et paix. Disponible donc pour lire un tas de petites choses fades.

26/08/2017 – survécu au sèche-mains

Signe que nous touchons au but : des scientifiques ont finalement conçu une machine pour sécher les mains après les avoir lavées.
On branche ça sur la centrale nucléaire.
On passe les mains après les avoir lavées dans un souffle invisible et hop.
Plus besoin de perdre 15 ou 20 secondes dans un couloir climatisé à attendre que les mains sèchent.
On sèche nos mains et on dégage. C’est peut-être légèrement disproportionné mais tout de même sublime. On appelle cela sans chichis : le sèche-mains.
Les meilleurs modèles en circulation, selon l’ écriteau, filtrent jusqu’à 99.9 % des bactéries en circulation dans le flux d’air, nous laissant tous rêveurs.
Nous touchons au but. Il est probable que nous connaitrons de notre vivant l’ultime victoire.

20/08/2017 – survécu à la perfection

La quête de la perfection, chez l’homme, commence et finit généralement avec le rangement du coffre de la peugeot.
(Maxcence de La Rochebruyere, Je roule français)

16/08/2017 – survécu à la vie

Bon ben les amis il semblerait que nous donnions quand même pas mal d’importance à notre passage sur terre

13/08/2017 – survécu à mon genou

je suppose qu’il serait intelligent
d’examiner cette partie de peau
sous le genou
que la médecine nomme gentiment
« creux poplité »
pour prendre des nouvelles
de l’ensemble de moi
ce soir
vérifier un peu les tiques
et relever surtout
la tendresse hypocondriaque
qu’inspirent sans rémission
toutes les véroles de l’âme
je suppose

11/08/2017 – survécu à la vie

La vie me semble mal éclairée.

07/08/2017 – survécu au vent

Gros Mark Z
Prurit
Morve et pleine lune
Ici
Poésie sans poème
Je m’en vais encore longtemps
Gros Mark Z
Pisser ici
Pisser contre le mur
Pisser contre le vent

29/07/2017 – survécu au coiffeur

– et qu’est-ce qui vous ferait envie, monsieur Jean ?
– oh la banalité de mes fantasmes parfois me choque, chère coiffeuse : j’ai envie de vous.
– je raccourcis un petit peu, c’est bien cela ?
– oui : enlevez la tête. La morosité de mes pulsions me rend fou.

(La Bruyère, Caract’hair)

 

23/07/2017 – survécu à l’intelligence

« Le monde des livres semblant aimanté vers l’intelligence, ou son fantasme, il s’imagina subvertir l’écriture par la connerie. Toutes les écritures destinées aux cons semblaient dangereusement manipulatrices. Lui ne voulait pas cela, il ne voulait pas flatter le con. Il voulait une écriture sans démagogie : à hauteur de con. Une écriture directement à hauteur de con, sans démagogie. Du producteur au consommateur. Il commença à s’y mettre et s’aperçut aussitôt qu’il faisait le malin. Sans le vouloir, il faisait le malin. Il sut qu’il lui faudrait longtemps, alors pour subvertir l’écriture. Sa connerie avait une faille, qui était l’écriture de sa connerie. Etc. Il redevint modestement con, et silencieux. Mais honnête. »

(La Rochefoucauld, Maxime et l’âne Trotro)

 

19/07/2017 – survécu à la fac de lettres

enfant je voulais faire « poète »
dans mon esprit
c ’était vaguement synonyme de « fainéant »
ça m’éclairait l’horizon
après quoi on m’a dit ce serait bien
quand même d’écrire deux trois trucs
voire publier des machins
alors bof
j’ai fait fac de lettres
le pragmatisme domine chez les jeunes générations
notre route est droite
mais la pente est raide
et là-dedans
on fait plus tellement d’horizon
les océans sont des flaques
de bière
et je crève pourtant de soif

 

16/07/2017 – survécu à Einstein

ce qui est bon ne dure pas :
c’est ce qu’on appelle
la loi de résilience restreinte des poulardes demi-deuil

quant à la relativité générale
vous fatiguez pas :
c’est la vitesse de la lumière du jour
incapable de doubler
la mort la nuit

03/07/2017 – survécu au Bac ES

Ce qui justifie
qu’un père
parte
sur une barque
avec son fils
mourir
c’est
l’économie

 

29/06/2017 – survécu à la poésie

« Existe-t-il une poésie sérieuse ?
Quelque chose qui soit autre chose qu’un sous-genre commercial destiné à engraisser des oligopoles d’éditeurs côtés en bourses sur le dos des troupeaux de consommateurs immatures ?
D’ailleurs : à quoi cela servirait, une poésie sérieuse ?
Je ne sais pas mais je peux me poser la question. Il n’existe heureusement pas de poésie sérieuse. »
(La Rochefoucauld, Chez Max)

25/06/2017 – survécu à l’école publique

Le garçon montessori
Tenait par les cheveux la gamine freinet
Pendant que l’élève conventionné catho
Plantait ses dents dans le gras
De l’écolier-à-la-maison
Dans un coin
Sans avis sur rien
Le gonze du public ricanait

21/06/2017 – survécu à la météo

Comme chaque année, gesticulant devant une photo satellite écarlate, la présentatrice météo fait pourtant l’innocente dans cette affaire de canicule. « Regardez, regardez, c’est terrible. Je n’y suis pour rien, bien sûr, je montre juste: c’est terrible ». Comment rester sans soupçon ? Par exemple, chaque fois qu’elle présente la carte des températures sans citer la ville où je réside (pourtant importante), je ne peux pas m’empêcher d’éprouver une légère vexation. Un petit rien désagréable, une ombre : un nuage. Pourquoi omet-elle ma ville ? Je ne compte pas ? Et cette vexation a un effet immédiat: j’ai légèrement plus chaud. Dans un sourire, elle me réexpédie ensuite au cœur de la fournaise. J’ai l’impression que tout le travail de climatisation du monde effectuée par le journal de 20h se trouve ruiné. Cette femme travaille-t-elle hors de tout contrôle ? Quid de la mission de service public?

17/06/2017 : survécu à la croissance

lorsqu’il y a une plaine
sur terre
on constitue des tas de gravier
des tas de ferraille
on appelle ça : croissance
ça rend heureux
et on passe en train à côté

12 juin 2017 : survécu au 11 juin 2017

La mort met une pression un peu excessive je trouve. Manque de style. On dirait une manadgeuse des années 80.

11 juin 2017 : survécu à hubert reeves

Tout de même, il collerait joyeusement son pied au cul du prochain qui viendrait lui parler de l’expansion de l’univers.

06 juin 2017 : survécu à mon chef d’oeuvre :

le mieux serait que j’écrive un poème
qui refroidisse directement l’arctique
et sauve deux-trois baleines
on pourrait dire
que j’ai bien bossé
que la poésie sauve le monde
et tout le tintouin mon cul

le mieux serait que j’écrive un recueil
qui révolutionne l’art occidental
qui transforme les représentations comme jamais depuis Aristote
et que je bénéficie d’à-valoir corrects
sur la postérité

ou alors le mieux serait que j’achève une œuvre

où tiendraient à la fois mes tripes
la vibration de chacune des sensations vécues
et aussi  : l’univers entier
une œuvre comme ça : une étagère géante
pour ranger
et conséquemment : faire place au reste

(à savoir :
le cliquetis léger
de la vie imparfaite en compagnie de mon squelette)

24 mai 2017 : survécu à Mark Zuckerberg

Mark Zuckerberg tais-toi
agenouille-toi
rétribue-nous
remercie-nous
de t’avoir fait le plus grand éditeur de la pire et de la meilleure poésie française contemporaine
de l’univers

23 mai 2017 : survécu à ma génération perdue

je suis de la génération des poètes
qui sont restés morts de zéro à vingt-sept ans et qui ont décidé
d’essayer ensuite…
c’est ce qu’on appelle une authentique « génération perdue »
et bien perdue
car manifestement : je suis le seul

26 avril 2017 : survécu à l’entre deux tours

dans l’entre-deux tours
on imagine un truc suspendu
par exemple une pince-à-linge
sur l’étendoir vide
pinçant le vide
en attendant une autre machine
à sécher
c’est comme ça que je vois les choses, personnellement

13 avril 2017 : survécu à la marche du monde

Aujourd’hui dans le monde ? Bah, comme hier : tronçonneuse.

10 avril 2017 : survécu à la peur de mourir

Bien sûr que j’ai pas peur de la mort. Pourquoi tu crois que je perds mon temps à écrire ces salades ?

05 avril 2017 : survécu à mon journal (pour goudron, grumes et voix)

je crois que je me suis dit
que j’avais envie de lire des textes que j’aurais écrits
et en même temps je me suis dit
que je m’emmerdais tellement en écoutant des textes lus par les types qui les avait écrits
je me suis dit qu’il n’y avait pas de raison que je fasse mieux
je n’ai rien contre l’emmerdement
mais j’aime bien que le type essaie
qu’il essaie que l’emmerdement devienne une sorte d’expérience

d’occupation totale du temps
je me suis dit que j’allais occuper l’œil des types
pendant que je lirais
je me suis dit que j’allais les emmerder en berçant l’œil
je berce les yeux des oreilles qui s’emmerdent
ça me convient
est-ce que c’est pire ? est-ce que c’est mieux ?
Ça fait une jolie page d’accueil de mon site

des arbres : des verts, des bleus, des jaunes, des gris, des noirs
des routes : des bleues, des blanches, des grises
ça fait de la couleur
et ça tourne
ça bouge l’œil des oreilles qui s’emmerdent
et je crois que je me suis dit
que quand on s’emmerde et qu’on a l’œil bercé
quelquefois on oublie de penser
quelquefois on oublie de réfléchir qu’on pense
et alors on écoute
on écoute de fait
sans faire exprès
sans faire attention
et que peut-être alors on peut entendre quelque chose

je crois que je me suis dit ça
en général
je mise toujours tout sur une certaine qualité de l’emmerdement
(c’est là que je range si ce n’est mon optimisme
du moins : l’accoutumance au bruit)

*

3 avril : survécu à l’automobile

« Certains avaient imaginé que l’automobile pourrait régler des problèmes de déplacements, comme : aider les gens à se rendre à leur travail. Cette hypothèse vécut quelques temps puis s’éteint et se mit à puer. D’autres prirent la voiture pour ce qu’elle était : fantaisie, gadget, jouet à poète. Ainsi naquit par exemple le célèbre Journal pour goudron, grumes, voix. » (Légende dorée)

*

20 mars 2017 :  survécu à Chuck Berry

je voudrais être
un simple martien découvrant Maybellene
et renoncer à la terre rouge de mon jardinet moche
pour vite foutre le feu
à ma verte carcasse

*

19 mars 2017 : survécu au romancier américain

je suggère aux éditeurs de romanciers américains
(ou :
à tropisme américain)
de ne plus commencer leur biographie par
X a été docker, fermier, stewart, mangeur de sabre…
…avant d’enflammer la critique
dorénavant les gens peuvent comprendre simplement
que X rêvait
depuis tout petit
d’être écrivain américain
(ou :
à tropisme américain)
et qu’il a suivi le cursus habituel

*

01 mars 2017 : survécu à Richard I.R.M.

Un gigantesque aimant à triturer, éclater, sublimer la guimauve : finalement, Richard Cocciante c’est de l’excellente musique d’IRM.

*

05 février 2017 : (pas encore) survécu à Drucker

Voir surgir la tronche à Drucker
Penser à tous ces enterrements
Se sentir perdu sur la terre
Se sentir perdu dans le temps

*

16 janvier 2017 : survécu au bon goût

« Les maximes et les tatouages permettent d’affirmer avec force qu’on est très sûr de ses goûts de chiottes ». La Bruyère, 140 caractères

*

1er janvier 2017 : survécu à 2016

Nous reste un peu moins de temps pour voir et filmer des arbres. En route, foutredieu !

*

21 décembre 2016 : survécu à Berlin

ces cons-là ils m’ont passé le goût
de l’autodestruction

*

même dans sa version cajoleuse et artiste
elle m’est devenu comme ces jouets à pile
bruyants pour rien
que détestent les jeunes parents
et qu’offrent en toute innocence
les bons amis

(merci les gars mais bon
vous connaissez rien
à l’enfance)

*

pour rendre la mort si peu attirante
il faut un niveau de spiritualité
exceptionnellement bas

*

et maintenant que j’ai perdu le goût de mourir
ce sera pas pratique

14 décembre 2016 : survécu à yahoo.com

Frédéric Miterrand raconte
comment il a échappé
à une nuit de sexe avec Kadhafi
quand je me demande où nous en sommes
je fais un tour sur yahoo.com
et je suis tout de suite
tout de suite
rassuré apaisé confirmé sur
les horaires précis
du début et de la fin
du monde

12 décembre 2016 : survécu aux pics de pollution

maintenant que les enfants ont cessé de courir dans les écoles
l’air est pur
et les voitures peuvent à nouveau rouler

*

21 novembre 2016 : survécu aux motards

Le bruit est un masque imaginé par la connardise pour paraître cool (La Bruyère, Gros caractères)
– La coolitude est une ruse de la connardise destinée à faire du bruit (La Rochefoucauld, Mad Maxime)
La Rochefauxcul (La Bruyère, profil FB)
– La Gruyère
(La Rochefuck off, profil FB)
Nazi (LB, profil FB)
– bobo
(LR, profil FB)

*

11 novembre 2016 : survécu à Leonard Cohen

« Au passage de son corps
dans la barque funéraire
les rives reverdirent
les oiseaux chantaient
d’une voix lumineuse
et grave

depuis les hommes nomment cela
l’été de la Saint L.C »

(Légende dorée, 11 novembre 2016)

*

6 novembre 2016 : survécu au Texas

A Austin, les rues exagérément larges mincissaient par contraste les colonnes d’obèses. Malgré tout je ne vis que moi en face, ni l’Amérique ni rien : soi en face, comment l’éviter ? Nous patinons parfois sur le gras de l’Être, et glissons sur le paysage…

*

2 novembre 2016 : survécu au management

Amoureux de la poésie, sortez un peu de votre rayon, ouvrez-vous au monde, aux mondes : ouvrez de temps en temps des manuels de management et apprenez que :
« le futur est au croisement de la créativité rigoureuse et de la rigueur créative. »
(Le plaisir des idées, L. De Brabandière, 2010)

*

22 septembre 2016 : survécu à la pleine conscience

Bien-être : mieux que la relaxation de Schulz et de Jacobson, mieux que le yoga et l’alcool de poire :
– le matin, avant d’aller travailler, écoutez un poème du « journal pour goudron, grumes, voix »
-puis : n’allez pas travailler

*

13 septembre 2016 : survécu au tablier de sapeur

C’est en sortant du bouchon lyonnais que le Poète se ravisa: « non, je ne peux plus prétendre faire œuvre viscérale et saignante ».

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