J.-B. Happe

Né il y a une trentaine d’années, Jean-Baptiste Happe écrit de la poésie et emprunte parfois des routes conduisant nulle part à travers les bois. Son blog fonctionne par propulsion de signaux lumineux dans fibre optique.

A lire aussi, en papier d’arbre :
Milieu de gamme, 2018, éditions du Pédalo Ivre

Il sera sensible à vos remarques :

 

Sauf mention complémentaire, tous les textes, images et vidéos publiés sur ce site sont de Jean-Baptiste Happe.

05 avril 2017 : survécu à mon journal (pour goudron, grumes et voix)

je crois que je me suis dit
que j’avais envie de lire des textes que j’aurais écrits
et en même temps je me suis dit
que je m’emmerdais tellement en écoutant des textes lus par les types qui les avait écrits
je me suis dit qu’il n’y avait pas de raison que je fasse mieux
je n’ai rien contre l’emmerdement
mais j’aime bien que le type essaie
qu’il essaie que l’emmerdement devienne une sorte d’expérience

d’occupation totale du temps
je me suis dit que j’allais occuper l’œil des types
pendant que je lirais
je me suis dit que j’allais les emmerder en berçant l’œil
je berce les yeux des oreilles qui s’emmerdent
ça me convient
est-ce que c’est pire ? est-ce que c’est mieux ?
Ça fait une jolie page d’accueil de mon site

des arbres : des verts, des bleus, des jaunes, des gris, des noirs
des routes : des bleues, des blanches, des grises
ça fait de la couleur
et ça tourne
ça bouge l’œil des oreilles qui s’emmerdent
et je crois que je me suis dit
que quand on s’emmerde et qu’on a l’œil bercé
quelquefois on oublie de penser
quelquefois on oublie de réfléchir qu’on pense
et alors on écoute
on écoute de fait
sans faire exprès
sans faire attention
et que peut-être alors on peut entendre quelque chose

je crois que je me suis dit ça
en général
je mise toujours tout sur une certaine qualité de l’emmerdement
(c’est là que je range si ce n’est mon optimisme
du moins : l’accoutumance au bruit)

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